LA DEMOGRAPHIE DES BALKANS,

COMPOSANTES DE L’EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE

 

DEMOGRAPHY OF THE BALKANS,

COMPONENTS OF DEMOGRAPHIC EVOLUTION

 

TABLE DES MATIERES

TABLE OF CONTENTS

 

Avant – propos

 

Byron Kotzamanis –L’Europe balkanique, différente et diverse ?

1

Arian Gjona – The demographic regime of Albania

14

Marta Sougareva., Bojidar Roussev– Les composantes de l’évolution démographique en Bulgarie

39

Nicola Tcholakov – Life table approach and Markov models of natural increase in demography

74

Byron Kotzamanis, Georges Kotsyfakis – Les évolutions démographiques en Grèce de l’après-guerre

84

Mirjana Rasevic – Basic characteristics of family planning in Federal Republic of Yugoslavia

170

Snjezana Mrdjen – Mortalité infantile en ex – Yougoslavie

186

Aleksandar Kurciev., Svetlana Antonovska., Katerina Konstadinovska-Daskalovska – Les composantes du développement démographique en ex République Fédérale de Macédoine

207

Alexandru Radocea., Aura-Michaela Zamfirescu – L’évolution démographique de la Roumanie pendant la période d’ après la deuxième guerre mondiale

256

Michalis Hatziprokopiou., Kostas Velentzas – Fertility trend patterns in the Balkans, 1950-1990

288

 

Avant-propos
BYRON KOTZAMANIS

Co-organisée, du 26 au 29 juin 1996, à Thessalonique, par l’Université des Sciences Economiques et Sociales de Macédoine qui a offert ses locaux et assuré la logistique avec efficacité, par l’Association Internationale des Démographes de Langue Française (AIDELF) qui a assuré la “mise en musique” scientifique, le Centre National de Recherches Sociales (EKKE, Athènes) et l’Association des Statisticiens des Balkans, avec le très précieux concours financier de la Commission des Communautés Européennes et du Conseil de l’Europe, le deuxième atelier de l’AIDELF a largement dépassé les attentes de ses promoteurs. Il s’est transformé, en effet, en une véritable Conférence Internationale, réunissant nombreux chercheurs ainsi que les directeurs des Offices Statistiques de la région. La présence de ces derniers témoignait de l’importance qu’ils accordaient à cette réunion et à ses travaux. Cette Conférence constituait pour eux, il est vrai, une occasion pour se rencontrer et échanger des informations sur la situation de leur pays.

Les ambitions de la Conférence 

Les organisateurs, sur le thème de l’évolution démographique dans les Balkans depuis la Seconde Guerre mondiale, s’étaient assigné comme premier objectif de mettre au jour un maximum de données relatives autant aux sources qu’aux faits démographiques. En même temps, cette Conférence a été conçue pour favoriser la rencontre, d’une part, des démographes (dans l’acceptation large du terme), et, d’autre part, des responsables des Organismes Statistiques Nationaux, dont le concours est indispensable à l’amélioration des connaissances démographiques. Elle a, dès le début, reçu le soutien de ces derniers : tous les Instituts ou Offices Statistiques contactées  sont allé au bout de l’exercice qui leur avait été proposé, à savoir :

- l’élaboration, sous leur responsabilité, de quatre synthèses nationales, une pour chacun des quatre sous-thèmes de la conférence: les sources et données démographiques; les composantes de l’évolution démographique; la structure par âge et la structure des ménages et des familles; les mouvements migratoires internes et internationaux;

- la documentation de deux annexes pre-définies visant à appréhender l’ampleur et la disponibilité du fonds démographique de chaque pays;

- la préparation d’un dossier statistique rassemblant toutes les séries de données démographiques brutes existantes en rapport avec les thèmes traités

. Ainsi, durant quatre journées, l’assemblée des quelques soixante-dix scientifiques réunis (membres des délégations des Offices Statistiques des pays balkaniques ; membres de l’AIDELF; représentants des organisations ayant contribué à la tenue de la manifestation)  a réussi  à nouer des échanges fructueux en surmontant l’obstacle des barrières linguistiques, par l’utilisation du français ou de l’anglais. Cela est d’autant plus méritoire que, dans cette région d’Europe, les susceptibilités politiques étaient, et sont encore, particulièrement exacerbées.

Il reste néanmoins que les présentations des quelques quarante rapports et communications, comme les discussions qui les ont suivies, se sont déroulées dans un climat cordial et serein. Au point qu’à l’ issue de la conférence, le projet de création d’un réseau ou d’Observatoire démographique des Balkans fut même adopté et que le principe de séminaires ultérieurs – pas nécessairement destinés à réunir une participation aussi nombreuse qu’à Thessalonique, mais organisés à intervalles assez réguliers et, si possible, dans un pays chaque fois différent – reçut une approbation unanime.

Certains participants, pénétrés de l’évidence que les résultats de leurs recherches sont attendus avec intérêt par les acteurs économiques et les responsables politiques, ont développé l’idée de fédérer leurs efforts au sein d’un réseau permanent d’échanges. Ce réseau (DEMOBALK) qui fut crée peu après, s’est donné comme objectifs de : i) stimuler la coopération entre scientifiques et institutions travaillant sur les questions de population dans les Balkans, ii) organiser des réunions scientifiques, promouvoir l’échange de documentation et d’informations, iii) susciter des recherches et études comparatives et diffuser les travaux les plus dignes d’intérêt, iv) créer une base de donnes démographiques, nationales et régionales et v) évaluer les conséquences des tendances démographiques et sensibiliser les institutions aux risques de rupture.

La publication des Actes

La présente publication doit permettre de garder un souvenir tangible de la Conférence de Thessalonique qui, par le nombre et la qualité des participants aussi bien que par le nombre de communications, ressembla fort à une première Conférence internationale de l’AIDELF sur la démographie des Balkans. Elle reprend largement les textes présentés lors de deuxième séance, séance centrée sur  les composantes de l’évolution démographique. Les textes destinés à alimenter les débats dans cette séance devaient s’articuler en deux parties : la première décrivant – dans une optique comparative, infra nationale et internationale – l’évolution des principaux phénomènes démographiques depuis la fin de la Deuxième Guerre (mortalité infantile, mortalité par sexe et par âge, fécondité par rang, primo-nuptialité, divortialité...) dans les pays étudiés; et la seconde analysant les facteurs à l’origine des évolutions considérées.

D’une manière générale, un important travail a été accompli par les auteurs des divers rapports présentés. Les débats ont cependant mis en lumière plusieurs lacunes affectant ces derniers :

- le recours trop fréquent à certains indicateurs quelque peu frustes;

- une préférence trop marquée pour l’analyse transversale;

- des comparaisons internationales trop souvent limitées à une opposition, non point entre pays balkaniques et pays limitrophes ou appartenant à la même zone, mais entre pays socialistes et autres pays européens, soit des comparaisons des plus difficiles à justifier aujourd’hui et de moins en moins pertinentes;

- l’absence d’analyses régionales et régionales/transnationales. Dans les Balkans, des différences considérables de comportements peuvent, on le sait, caractériser des populations localisées sur des micro-espaces, ou sur des espaces transfrontaliers. Il est manifeste, par exemple, que dans le cadre d’analyses nationales globales, on ne pourra aucunement mettre en évidence la zone de fécondité relativement élevée qui s’étend du sud-ouest de l’Ex-  République Yougoslave de Macédoine au Kosovo, en passant par l’ Albanie. Le seul recours à des synthèses nationales, parce qu’il peut occulter la proximité de comportements démographiques particuliers valant de part et d’autre d’une même frontière, est, à l’évidence, insuffisant;

- un volet explicatif souvent réduit à sa plus simple expression. Il ne suffit pourtant pas de décrire, il faut aussi chercher à comprendre le pourquoi des faits et des évolutions constatées et s’appuyer, pour cela, sur les apports des autres disciplines des sciences humaines, dans le cadre de collaborations avec leurs représentants.

 Afin de rester dans l ‘esprit de ce qu’ambitionnait d’être, et fut, cette manifestation scientifique, il a été décidé que ces « Actes »  consisteraient en :

- une présentation sommaire des objectifs et des principaux acquis de la Conférence (voir avant-propos).

- une publication des neuf textes édités par le signataire de l’avant-propos – seul responsable des erreurs et approximations ou compromis subsistants – à partir des communications présentées lors de cette séance, textes précédés  d’une brève introduction dans la matière de l’éditeur.

Il faut toutefois rappeler que les textes présentés dans la première séance de la Conférence (« Sources et données démographiques»), ont déjà été publiés en 1999 grâce au support de l’Association Internationale des Démographes de Langue Française.  Cette publication contient  en plus un tableau synoptique des données disponibles au niveau national et régional, un répertoire des chercheurs ou statisticiens connus pour leurs travaux sur la population de tel ou tel pays balkanique et un recueil des listes (membres des comités de parrainage, scientifique et d’organisation ; des communications présentées ; des participants à la Conférence..). Pour des raisons d’économie d’échelle, ces listes ne sont pas reprises dans l’actuelle publication. Enfin, les textes présentés dans la quatrième séance (“Mouvements migratoires et répartition spatiale de la population”) feront également l’objet d’une publication dans la collection Series on Transition in the Balkans, de l’Université de Thessalie à Volos (Grèce).

Que tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à la réalisation de cet ouvrage trouvent, ici, l’expression de notre très haute gratitude.