LA DEMOGRAPHIE DES BALKANS, MOUVEMENTS MIGRATOIRES ET REPARTITION SPATIALE DE LA POPULATION

DEMOGRAPHY OF THE BALKANS, MIGRATION FLOWS AND GEOGRAPHICAL POPULATION DISTRIBUTION

TABLE DE MATIERES

      TABLE OF CONTENTS

Avant – propos

i

Vladimir Misja, Elena Misja – Mouvements migratoires et répartition spatiale de la population en Albanie

      1

Jordan Kaltchev – Migrations internes et internationales de la population en Bulgarie au cours de la deuxième moitié du XXème siècle

      25

Elka Dimitrieva, Verica Janeska, Branko Hinic – Les mouvements migratoires (internes et internationaux) et la répartition spatiale de la population dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine

 46

Dragoljubka Cicovic, Radoslav Stevanovic – Répartition spatiale de la population en Yougoslavie

78

Nada Raduski – Migration and change of ethnic structure due to civil war in Yugoslavia

112

Virginia Teodorescu – Migration movement and population distribution in the last 50 years in Romania

121

George Sidiropoulos, Elizabeth Allison, Maria Tzortzopoulou – Mouvements migratoires et répartition spatiale de la population en Grèce

146

 

Avant-propos

Byron Kotzamanis

Co-organisée, du 26 au 29 juin 1996, à Thessalonique, par l’Université des Sciences Economiques et Sociales de Macédoine qui a offert ses locaux et assuré la logistique avec efficacité, par l’Association Internationale des Démographes de Langue Française (AIDELF) qui a assuré la “mise en musique” scientifique, le Centre National de Recherches Sociales (EKKE, Athènes) et l’Association des Statisticiens des Balkans, avec le très précieux concours financier de la Commission des Communautés Européennes et du Conseil de l’Europe, le deuxième atelier de l’AIDELF a largement dépassé les attentes de ses promoteurs. Il s’est transformé, en effet, en une véritable Conférence Internationale, réunissant nombreux chercheurs ainsi que les directeurs des Offices Statistiques de la région. Cette Conférence constituait pour eux, il est vrai, une occasion pour se rencontrer et échanger des informations sur la situation de leur pays.

Les ambitions de la Conférence

Les organisateurs, sur le thème de l’évolution démographique dans les Balkans depuis la Seconde Guerre mondiale, s’étaient assigné comme premier objectif de mettre au jour un maximum de données relatives autant aux sources qu’aux faits démographiques. En même temps, cette Conférence a été conçue pour favoriser la rencontre, d’une part, des démographes (dans l’acceptation large du terme), et, d’autre part, des responsables des Organismes Statistiques Nationaux, dont le concours est indispensable à l’amélioration des connaissances démographiques. Elle a, dès le début, reçu le soutien de ces derniers : tous les Instituts ou Offices Statistiques contactées  sont allés au bout de l’exercice qui leur avait été proposé, à savoir :

- l’élaboration, sous leur responsabilité, de quatre synthèses nationales, une pour chacun des quatre sous- thèmes de la conférence: les sources et données démographiques; les composantes de l’évolution démographique; la structure par âge et la structure des ménages et des familles; les mouvements migratoires internes et internationaux ;

- la documentation de deux annexes pre-définies visant à appréhender l’ampleur et la disponibilité du fonds démographique de chaque pays ;

- la préparation d’un dossier statistique rassemblant toutes les séries de données démographiques brutes existantes en rapport avec les thèmes traités.

Ainsi, durant quatre journées, l’assemblée des quelques soixante-dix scientifiques réunis (membres des délégations des Offices Statistiques des pays balkaniques ; membres de l’AIDELF; représentants des organisations ayant contribué à la tenue de la manifestation)  a réussi  nouer des échanges fructueuses en surmontant l’ obstacle des barrières linguistiques, par l’ utilisation du français ou de l’ anglais. Cela est d’autant plus méritoire que, dans cette région d’Europe, les susceptibilités politiques étaient, et sot encore, particulièrement exacerbées.

Il reste néanmoins que les présentations des quelque quarante rapports et communications, comme les discussions qui les ont suivies, se sont déroulées dans un climat cordial et serein. Au point qu’ à l’ issue de la conférence, le projet de création d’un réseau ou d’Observatoire démographique des Balkans fut même adopté et que le principe de séminaires ultérieurs – pas nécessairement destinés à réunir une participation aussi nombreuse qu’ à Thessalonique, mais organisés à intervalles assez réguliers et, si possible, dans un pays chaque fois différent – reçut une approbation unanime.

La publication des Actes

La présente publication doit permettre de garder un souvenir tangible de la Conférence de Thessalonique qui, par le nombre et la qualité des participants et de bien des communications, ressembla fort à une première Conférence internationale de l’AIDELF sur la démographie des Balkans. Elle reprend largement les textes présentés lors de la quatrième séance (“Mouvements migratoires et répartition spatiale de la population”), séance axée en premier lieu sur l’évolution de la répartition spatiale de la population de 1945 à 1995. Une place toute particulière était toutefois faite aux modifications de peuplement observées sur la période d’immédiat après-guerre, pendant laquelle furent organisés les premiers recensements, puis sur l’évolution des mouvements migratoires internes et internationaux (provenance et destination des flux ; principales caractéristiques démographiques des migrants nets), et accessoirement sur les politiques migratoires et de peuplement.

En définissant le cadre de cette séance, les organisateurs avaient, sans aucun doute, placé la barre très haut. Tous les rapports nationaux ont abondamment souligné la tendance ancienne au depeuplement des campagnes et à la croissance concomitante du monde urbain et périurbain. Mais l’analyse des changements intervenus dans la répartition spatiale des populations des pays concernés, ainsi que celles de facteurs qui ont présidé à ces changements et des consequences que ces derniers ont eu s’est le plus souvent réduite à sa plus simple expression. On aurait aimé, par exemple, disposer d’une mesure de l’effet des dispositifs (administratifs, économiques ou politiques) mis en œuvre pour favoriser ce que plusieurs participants ont nomme « l’industrialisation socialiste » sur la structure des populations concernées et sur la dynamique démographique des diverses régions distinguées.

Du même, tous les rapports soulignent l’essoufflement des courants migratoires internes traditionnels et notent une inversion de ceux-ci, les zones les plus urbanisées présentant maintenant souvent des soldes négatifs, les migrations de retour constituant l’explication la plus fréquemment invoquée. En même temps, et indépendamment de l’absence ou quasi-absence d’analyse des causes et des répercussions démographiques et économiques de ces changements affectant les migrations internes, on ne peut que déplorer l’absence de réflexion critique sur les sources et les modalités d’appréhension du phénomène migratoire et des populations migrantes dans les pays concernées -voir sur la comparabilité des résultats par-delà les frontières-.

L’assemblée des participants était bien consciente à l’issue de cette séance que beaucoup de chemin restait encore à parcourir pour que la compréhension des tendances démographiques passées dans les Balkans, et, plus encore, de la situation depuis le début des années 1990, soit moins imparfaite. Nul doute qu’un réseau démographique sur les Balkans, à la condition qu’il trouve les moyens de vivre et prospérer,  pourrait utilement participer à combler certaines « trous noirs » de la connaissance. Certains participants ont développé ainsi l’idée de fédérer leurs efforts au sein d’un réseau permanent d’échanges. Pénétrés en plus de l’évidence que les résultats de leurs recherches seront attendus avec intérêt par les acteurs économiques et les responsables politiques, ces scientifiques ont crée  peu après le réseau DEMOBALK  en se donnant comme objectifs de : i) stimuler la coopération entre scientifiques et institutions travaillant sur les questions de population dans les Balkans, ii) d’organiser des réunions scientifiques, de promouvoir l’échange de documentation et d’informations, iii) de susciter des recherches et études comparatives et de diffuser les travaux les plus dignes d’intérêt, iv) créer une base de donnes démographiques, nationales et régionales et  v) évaluer les conséquences des tendances démographiques et sensibiliser les institutions aux risques de rupture.

Afin, pour revenir aux présentes « Actes », afin de rester dans l ‘esprit de ce qu’ambitionnait d’être, et fut, cette manifestation scientifique, il a été décidé que celles-ci consisteraient-en  à une présentation sommaire des objectifs et des principaux acquis de la Conférence et à une publication des 7 textes édités par le signataire de l’avant-propos – seul responsable des erreurs et approximations ou compromis subsistants – à partir des communications présentées lors de cette séance.

Il faut toutefois rappeler que les textes présentés dans la premiere séance de la Conférence (« Sources et données démographiques» ), sont déjà publiés en 1999 grâce au support de l’Association Internationale des Démographes de Langue française.  Cette publication contient, sauf les textes présentés dans cette séance, un tableau synoptique des données disponibles au niveau national et régional, un répertoire des chercheurs ou statisticiens connus pour leurs travaux sur la population de tel ou tel pays balkanique et un recueil des listes (membres des comités de parrainage, scientifique et d’organisation ; des communications présentées ; des participants à la Conférence..). Pour des raisons d’économie d’échelle, ces listes à ne sont pas reprises dans l’actuelle  publication. Enfin, les textes présentés dans la deuxième séance (“les composantes de l’évolution démographique) furent également l’objet d’une publication dans la collection Series on Transition in the Balkans, de l’Université de Thessalie à Volos (Grèce).

Que tous ceux qui, d’ une manière ou d’ une autre, ont contribue a la réalisation de cet ouvrage trouvent, ici, l’ expression de notre gratitude.